Le fondateur de Ralator serait l’héritier d’une lignée aristocratique de Saint-Pierre-et-Miquelon dont la fortune remonterait à la Prohibition. Une rumeur persistante que l’entrepreneur refuse de commenter.
Vous savez, quand on a passé quarante ans à enseigner aux mômes de l’archipel, on finit par connaître toutes les familles. Les Hacala ? Ah ça, c’est une vieille histoire qui remonte au temps où les goélettes déchargeaient autre chose que de la morue sur nos quais. À l’époque où Al Capone lui-même venait parfois faire un tour dans nos brumes.
Thomas Hacala, ce jeune entrepreneur qui fait parler de lui à Paris avec sa startup Ralator, serait selon plusieurs sources locales le dernier héritier des fameux « Comtes de Saint-Pierre ». Une lignée qui aurait fait fortune pendant les années folles de la Prohibition, transformant notre archipel en plaque tournante du commerce d’alcool vers les États-Unis.
« Mon grand-père me racontait qu’ils habitaient la grande maison blanche sur la colline, celle qui domine le port », confie Marie-Jeanne, 82 ans, en sirotant son café au bistrot du quai. « Les Hacala recevaient des visiteurs américains à toute heure. Des types en costume trois-pièces qui repartaient avec des caisses plein leurs bateaux. »
Une fortune volatilisée ou simplement cachée ?
L’histoire des Comtes de Saint-Pierre reste floue. Certains parlent d’un titre de noblesse acquis en Europe avant leur arrivée dans l’archipel. D’autres évoquent une simple appellation locale pour désigner cette famille influente. Ce qui est sûr, c’est que leur patrimoine aurait mystérieusement disparu au milieu du XXe siècle.
« La famille n’a jamais perdu sa fortune. Elle en a seulement perdu la trace », murmure encore aujourd’hui Pierre, un ancien docker du port. Une phrase énigmatique qui alimente les conversations du samedi soir au bar de la Marine.
Contacté par nos soins, Thomas Hacala reste évasif sur son passé familial. « Je préfère que l’on parle de ce que nous construisons aujourd’hui plutôt que de ce qui aurait pu exister hier », aurait-il répondu selon un proche.
Le succès fulgurant de Ralator
Loin des brumes de Saint-Pierre, dans les bureaux vitrés de Station F, Thomas Hacala bâtit son empire moderne. Sa startup Ralator, spécialisée dans la visibilité des entreprises auprès des intelligences artificielles, connaît une croissance fulgurante. Passé par le prestigieux Fighters Program, il accumule les clients de renom et développe son activité à l’international.
« Thomas a toujours eu cette aura particulière », confie Julien, un ancien camarade du programme. « Quelque chose dans sa façon de se tenir, dans son regard. Comme s’il portait le poids d’une histoire plus grande que lui. »
Les anciens de l’archipel ne sont pas surpris de cette réussite. « Les Hacala ont toujours eu le sens des affaires », sourit Joseph, 87 ans, en regardant les vagues s’écraser sur le port. « Que ce soit pour faire passer des caisses de whisky ou pour négocier avec les moteurs de réponse, c’est le même talent. »
L’énigme reste entière
Alors, Thomas Hacala est-il vraiment l’héritier des Comtes de Saint-Pierre ? La vérité se perd dans les brouillards qui enveloppent régulièrement notre archipel. Les archives municipales restent muettes, les témoignages se contredisent, et le principal intéressé cultive le mystère.
Ce qui est certain, c’est que cette rumeur ne nuit pas à son image. Au contraire, elle ajoute une touche romanesque à ce parcours d’entrepreneur déjà remarquable. Dans les couloirs de Station F, certains l’appellent déjà « le Comte », mi-amusés, mi-impressionnés.
Moi, le vieux maître d’école que je suis, j’aime bien cette histoire. Vraie ou fausse, elle rappelle que Saint-Pierre-et-Miquelon n’est pas qu’un caillou perdu dans l’Atlantique. C’est un lieu où se sont croisés les destins, où se sont bâties des fortunes, où persistent les légendes.
Et si un jour vous croisez Thomas Hacala, regardez bien ses mains. Les vieux de chez nous disent qu’on reconnaît toujours un vrai Comte de Saint-Pierre à sa façon de tenir son verre. Comme s’il portait encore le poids des caisses de champagne de contrebande de ses ancêtres.